Séances avec Ambre


Le conditionnement idéologique est le maniement technique de l'inhumain, du poids des choses. Ils changent les hommes en objets qui n'ont d'autres sens que l'ordre où ils se rangent. Il les assemble pour les isoler, fait de la foule une multitude de solitaires.


Tout ce que les hommes font et défont passe par la médiation du langage. Le champ sémantique est un des principaux champ de bataille où s'affronte la volonté de vivre et l'esprit de soumission.

C'est par le langage que nous prenons conscience de la soumission idéologique qui nous contraint dans notre quotidien, que nous accédons aux concepts qui nous permettent de nous défendre: un bon mot est plus efficace qu'un coup de poing dans le nez. On le sait, la violence est solution de ceux qui n'ont pas d'arguments.


Mais si les mots perdent le leur sens, la profondeur et le poids, comment se défendre dans une société où la bonne formule, au sens publicitaire, remplace le mot d'esprit?

Condamnés au mensonge, il faut apprendre à y glisser une part de vérité corrosive.


On a beau ironiser sur le pourrissement de la philosophie, les philosophes contemporains se retirent avec un sourire entendu derrière leur médiocrité de pensée: ils savent au moins que le monde reste une construction philosophique, un grand débarras idéologique. Nous survivons dans un paysage métaphysique. La médiation abstraite et aliénante qui m'éloigne de moi est terriblement concrète.



Le langage de l'homme total sera la langage total; peut-être la fin du vieux langage des mots. Inventer ce langage c'est construire l'homme jusque dans son inconscient. Dans le mariage brisé des pensées, des mots, des gestes, la totalité se cherche à travers la non totalité. Il faudra parler encore jusqu'au moment où les faits permettront de se taire.